Je feuilletais dernièrement le gros document, ci-nommé le AS-471, qui constitue le budget annuel de l'établissement avec ses postes de dépenses et leur ventilation. Je suis tombé sur la section qui concerne les primes au rendement ou «bonis forfaitaires» de nos gestionnaires. Encore une fois, pour l'année 2011, l'ensemble des cadres (qui sont au nombre de 141 au 31 mars 2011) a encaissé $146,024 de bonis.
Mme Sylvie Simard, qui nous a invités à faire des efforts pour l'atteinte de ses cibles budgétaires en est la championne toute catégorie avec $2,426. Vous me direz, sur un budget comme celui du CSSS Jeanne-Mance, ça n'est rien. Eh bien, comme je l'ai déjà dit, sur deux ans, ces sommes atteignent les $300,000. C'est précisément le montant qu'on a sabré dans le programme famille-enfance-jeunesse! Entre vous et moi, avec un salaire qui fait quatre fois le salaire d'un-e préposé-e aux bénéficiaires à temps complet, ou trois fois celui d'une agente administrative classe 1 au sommet des échelons salariaux, il y avait là une bonne occasion de donner l'exemple, surtout au moment où on exige des sacrifices de la part des salariés et de la population, lorsqu'en plein été on annonce à des employés qu'ils n'auront plus de travail à l'automne. La somme de ces montants, qui sont empochés dans l'indifférence, manquera cruellement aux enfants de nos quartiers; ces quartiers où on dénombre les zones de pauvreté les plus criants sur le territoire montréalais selon les chiffres de l'Agence de Montréal.
C'est une triste époque que celle qui voit nos dirigeants refuser de prendre leurs responsabilités. C'est une triste époque où nos décideurs nous gavent de paroles et nous étourdissent de statistiques et de chiffres mirobolants sans qu'on en voit de réel profit pour la population. Dorénavant on se cache derrière des paravents de statistiques, de chiffres et de pourcentages. Tant que la paperasse va, tout va! Or, les gens dans la réalité de tous les jours n'ont rien à faire de ces pseudo-informations, qu'ils ne comprennent pas toujours d'ailleurs. Ainsi, nous espérons que l'année 2012 sera celle d'une prise de conscience le plus vaste possible sur ces enjeux, c'est ce dont nous nous apprêtons à discuter avec l'ensemble des syndicats de la Région dès la mi-janvier.
Gilbert Binette, président du syndicat





